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Les remparts et leurs portes

Les remparts

Les premiers remparts d'orgon bordaient à l'ouest le village de la Savoie, blotti au pied du château. Ils reliaient la porte de l'Hortet à celle du Four de Ville et occupaient l'emplacement actuel de la mairie et de l'église. Un reste de mur est encore visible à gauche de la maison commune, où se trouvaient les prisons seigneuriales. A partir du XVIe siècle, Orgon se développa et de nouveaux remparts apparaissèrent. Cette deuxième enceinte fut édifiée en 1591 pendant la Ligue. cette guerre religieuse avait pour but apparent la défense de la religion catholique contre les calvinistes mais en réalité il s'agiisait de la conquête du trône de France par la maison de Guise. Les remparts ont une épaisseur d'environ un mètre et une hauteur de 6 à 7 mètres et ils furent construits à la hâte grâce aux subsides de la province.


La porte de l'Hortet

La porte de l’Hortet, la plus ancienne porte fortifiée, date du XIe siècle. Elle appartient à l’enceinte du premier village qui s’élevait au pied du château. En ogive, elle a conservé sa salle du corps de garde, ses créneaux alternant avec des merlons, des meurtrières, un oeil de boeuf découpé dans le rempart.


La porte Sainte-Anne

C'est l'entrée Ouest de la deuxième enceinte et du village. Elle est située sur la place Moulinas, du nom de notre consul en 1739. Si cette porte pouvait parler, elle nous décrirait tous ces grands personnages qu'elle a vu passer. Citons par exemple, François 1er qui en 1516 s'en revenant d'Italie, s'arrêta quelques heures avant de continuer sa route vers Tarascon, Nostradamus, le Pape Pie VII, qui séjournera à Orgon dans une grande ferveur populaire et sera hébergé à l'hôtel de Berne N°13 rue Edmond Coste pour une nuit de repos après son long voyage, Napoléon 1er, qui passa par Orgon pour se rendre à l'île d'Elbe, a été obligé de revêtir un uniforme d'officier étranger afin d'échapper à l'hostilité villageoise. Sont également passés sous cette porte deux autres Papes, Louis XIV et la reine Christine de Suède. Orgon, ville de passage, était aussi une ville étape pour les militaires, ce qui était une charge énorme pour nos aïeux. En effet ces derniers devaient fournir le gîte, le couvert et une place au feu. Chaque maison logeait quatre à huit soldats et ceci pouvait durer parfois toute une saison. Notons également que dès l'arrivée des troupes, toutes les portes de la ville étaient fermées et personne ne pouvait plus sortir sans un sauf-conduit. C'était également une ville étape pour les forçats venant de l'intérieur de la France, à pied, enchaînés, qui s'arrêtaient alors soit à l'hôpital soit à la prison avant de se rendre au port de Marseille ou au bagne de Toulon.


La porte de la Durance

C'est l'entrée Est de la deuxième enceinte. Cette porte est également appelée porte de l'Ange. La porte de la Durance présente des parements en pierres de taille avec ouverture ogivales, des créneaux et mâchicoulis couronnent cette porte. Elle se fermait au Moyen-Âge d’une herse ou sarrasine qui existait encore en 1741. C’était une lourde claire-voie formant un obstacle infranchissable. Les herses se manœuvraient de la salle voûtée située directement au dessus du passage. Cette salle qui servait de corps de garde et plus tard de logement du veilleur, était ouverte du côté intérieur et on la fermait avec des poutrelles en cas de mauvais temps. L’ancienne voie romaine déjà évoquée passait ici au bas d’Orgon, entre la Durance et le rocher. Un péage était installé près de la porte de la Durance dans une grotte naturelle, au bas du château de Guise, utilisée aujourd’hui comme remise dont on aperçoit le portail en bois sur la gauche. Le péage d’Orgon, enregistrait surtout un trafic de poisson et d’huile. Suivant les crues des eaux, les bateaux s’amarraient à peine un peu plus loin sur la gauche, c’est pourquoi ce quartier s'appelle Port Vieux.